01 55 70 00 17 contact@lesvignes.org

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Quelles années avez-vous passées aux Vignes, et quel souvenir vous revient spontanément quand vous repensez à vos années de collégienne ?

Je m’appelle Ombeline, j’ai 24 ans et je vis à Dijon, où je travaille en tant que psychologue depuis 9 mois.
J’ai été « Vignette » de la 6e (2013) à la 3e (2017). Le souvenir spontané qui me revient est celui des « déjeuners partagés » avec mes amies des Vignes : un moment convivial et réconfortant après une longue matinée de travail !

Comment décririez-vous l’ambiance des Vignes à une famille qui ne connaît pas l’école ? Qu’est-ce qui, selon vous, la distingue d’un autre établissement ?

Je décrirais l’ambiance des Vignes comme familiale et chaleureuse. Je dirais que l’école se distingue par sa taille humaine, la proximité avec les professeurs, son enseignement très global (académique, humain et spirituel) et surtout par l’importance qu’elle accorde à la construction des jeunes filles. À mon sens, la non-mixité et l’uniforme permettent aux collégiennes de grandir sans avoir à se questionner constamment sur leur apparence, ce qui peut être difficile à vivre à cet âge, marqué par de nombreuses remises en question et de grands chamboulements.

Y a-t-il un professeur, un adulte ou un moment particulier qui vous a marquée pendant vos années aux Vignes ? 

J’ai été particulièrement marquée par le charisme de ma professeure de français, que j’admirais pour sa capacité à être exigeante et ferme, tout en conservant une grande douceur et une véritable bienveillance envers ses élèves.

Vous avez choisi la psychologie, en intégrant l’École de Psychologues Praticiens. Comment cette vocation pour l’écoute et l’accompagnement de l’autre est-elle née ? Ce goût du lien humain était-il déjà présent chez vous au collège ?

Je ne dirais pas que ce goût du lien humain était particulièrement présent chez moi au collège, mais j’avais toujours à cœur que chacun se sente bien, trouve sa place et, finalement, soit heureux.
Cette vocation est née assez tardivement, au cours de mon année de Terminale. Je trouvais que la psychologie était une discipline particulièrement intéressante et fondamentale pour comprendre les comportements humains, les mécanismes psychiques et les relations sociales.

Racontez-nous votre parcours après Les Vignes : lycée, choix d’orientation, admission à Psychoprat… Y a-t-il eu des hésitations, des découvertes ou des rencontres décisives en chemin ?

Après Les Vignes, j’ai fait mon lycée à Sainte-Croix de Neuilly. Quitter le cadre si familier des Vignes n’a pas été simple, mais cela m’a permis d’être confrontée à un environnement plus large et plus diversifié, dans lequel il n’était pas toujours évident de trouver sa place. Aujourd’hui, je mesure combien cette expérience m’a appris sur la personne que je voulais devenir.
Au lycée, j’hésitais entre différentes orientations : les métiers du paramédical ou l’hôtellerie, car le sens de l’accueil me plaisait beaucoup. La rencontre avec une psychologue de l’orientation m’a aidée à me tourner davantage vers les métiers du soin et du social, en partant notamment de mon tempérament et de mes aspirations.
Mon admission à Psychoprat a été une joie et une grande fierté, après les efforts fournis pour préparer le concours d’entrée !

Qu’avez-vous pensé de vos études là-bas ? Avez-vous aimé l’école ? Si oui, pour quelles raisons ?

J’ai beaucoup aimé mes études à Psychoprat, notamment parce que l’école me rappelait un peu l’ambiance des Vignes : une petite école, une proximité avec les professeurs, beaucoup de filles et de bienveillance (il en faut un minimum pour être psy !). J’y ai aussi noué des amitiés très précieuses, qui comptent encore beaucoup pour moi aujourd’hui.

La psychologie est une formation exigeante, qui demande de la rigueur mais aussi une vraie maturité personnelle. Qu’est-ce que Les Vignes vous ont transmis (méthodes de travail, exigence, confiance en soi, attention aux autres) qui vous sert dans ces études ?

Je pense que Les Vignes m’ont notamment transmis la vertu de persévérance : lorsqu’on commençait un travail, on prenait l’habitude de le mener jusqu’au bout. Cette persévérance m’a sans doute été très utile dans mes études, notamment pour aller au bout de mes rendus, de mon mémoire et de mes stages, y compris face aux difficultés, aux doutes sur ma propre capacité à devenir psychologue et parfois au manque de motivation.
Les Vignes m’ont également appris à rédiger, à travers de multiples dissertations, ce qui m’est utile aujourd’hui dans la rédaction de mes comptes rendus pour mes patients.

Où en êtes-vous aujourd’hui dans votre parcours ? Quelles spécialités ou quels publics vous attirent (enfants, adolescents, adultes, entreprise…), et à quoi ressemble votre quotidien de jeune professionnelle ?

J’ai été diplômée en juin 2025 et je travaille actuellement comme psychologue dans un EHPAD à Dijon, à 50 %, auprès des résidents et de leur entourage familial.
Je commence en parallèle une pratique en cabinet libéral auprès d’enfants et de leurs parents. Ces deux domaines me permettent de varier mes champs d’accompagnement et de découvrir des enjeux psychiques qui s’étendent de la petite enfance à la fin de vie.
Au quotidien, j’essaie aussi de préserver un bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. Le métier de psychologue étant très mobilisant sur le plan psychique, il est important pour moi d’avoir des activités qui me permettent de « décrocher ». Je me suis ainsi mise au tricot, au violon et au Pilates. Les activités manuelles me font particulièrement du bien !

Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans la psychologie, et quels sont vos projets ou vos rêves pour la suite ?

Ce qui m’intéresse le plus est la psycho-périnatalité, c’est-à-dire l’ensemble des processus psychiques à l’œuvre autour de la grossesse, aussi bien chez la mère que chez le bébé, dès la vie intra-utérine. J’aime aussi beaucoup étudier les tempéraments, qui permettent de mieux comprendre la diversité des réactions humaines.
Mon projet actuel est de développer ma patientèle en libéral et également de me former à l’hypnose ericksonienne, pour disposer d’un outil complémentaire à ma pratique auprès des personnes âgées et des enfants. La médiation animale, notamment équine, est aussi un projet que je garde dans un coin de ma tête !

Vous qui vous destinez à accompagner les autres dans leur vie intérieure : pour vous, que signifie « réussir sa vie » ? Votre regard sur cette question a-t-il évolué depuis vos années aux Vignes ?

Pour moi, « réussir sa vie », c’est pouvoir suffisamment s’écouter pour connaître ses propres besoins, ses ressources, ses forces et ses faiblesses, afin de faire des choix de vie justes pour soi, qui permettent de s’épanouir et de grandir dans sa relation à Dieu. C’est aussi pouvoir mettre ce que l’on est et ce que l’on a reçu au service des autres.
Mon regard sur cette question a beaucoup évolué depuis l’adolescence. À l’époque, j’avais tendance à suivre ce que les adultes me disaient de faire. Certes, ils avaient sûrement une part de vérité, mais j’ai progressivement compris que nous sommes aussi les mieux placés pour apprendre à nous connaître, identifier ce qui nous correspond et faire nos propres choix.
À mon sens, c’est un travail de connaissance de soi qui se poursuit tout au long de la vie : on apprend à mieux se comprendre à travers ses expériences, ses erreurs, ses réussites et les étapes que l’on traverse. Et je crois que cette connaissance de soi permet aussi de mieux comprendre la place que l’on souhaite donner à Dieu dans sa vie.

Quel message aimeriez-vous adresser aux élèves actuelles des Vignes, notamment à celles qui se cherchent encore, ainsi qu’aux parents qui hésitent à confier leur fille à l’école ?

J’aimerais dire aux élèves qu’elles ont le temps. Le temps d’apprendre à se connaître, de grandir, de découvrir qui elles sont au fond d’elles-mêmes et de prendre conscience de leurs désirs profonds. Les expériences de la vie les aideront progressivement à mieux se connaître, et il faut parfois savoir être patientes. Elles ont aussi et surtout le droit à l’erreur. L’erreur est structurante et n’est pas une fatalité : au contraire, elle permet d’avancer. Il ne faut donc pas avoir peur de se tromper, car on peut toujours changer de chemin. Rien n’est figé !
Je dirais aux parents de ne pas hésiter à confier leur fille aux Vignes. J’y ai grandi dans un cadre bienveillant et sécurisant, tout en étant encouragée à devenir progressivement autonome et à réfléchir par moi-même. Avec le recul, je mesure aussi la chance que j’ai eue d’y recevoir une éducation qui ne séparait pas les connaissances, la construction personnelle et la vie de foi.