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Pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire ce que vous faites aujourd’hui ?

Je suis étudiante à KEDGE Business School en Master 2 Management des Vins et des Spiritueux. Au départ, je viens de l’hôtellerie-restauration : après un bac littéraire à Stanislas, j’ai fait un Bachelor en Management Hôtellerie-Restauration à l’école de Savignac. C’est pendant mon alternance comme adjointe de direction dans un hôtel 4 étoiles que j’ai eu le déclic avec le vin : faute de sommelier, je me suis retrouvée à gérer seule la cave et à animer le restaurant gastronomique. Ensuite, j’ai pris une année de césure : professeure de français au Vietnam avec les Missions Étrangères de Paris, puis un voyage en sac à dos en Argentine. Aujourd’hui je m’épanouis dans un secteur qui me passionne depuis longtemps, avec des racines familiales bourguignonnes et le plaisir de travailler avec de beaux produits et au contact des gens.

Quels sont vos premiers souvenirs de votre arrivée aux Vignes ?

La sixième me faisait vraiment peur, je voyais le collège comme un monde d’adultes un peu intimidant. Mais ça s’est finalement très bien passé. Les professeurs étaient bienveillants, je me suis mise au travail rapidement et je me suis fait des amies assez vite. J’ai eu la chance de tomber sur une promotion vraiment soudée, ce qui a tout changé.

Quels moments ou matières vous ont particulièrement marquée ?

Mes cours de français ont été une vraie révélation. J’ai toujours aimé cette matière, mes professeurs étaient des femmes d’une passion communicative, que ce soit pour la littérature, la dissertation ou la poésie. Je passe sur la grammaire et l’orthographe (que je n’ai jamais vraiment appréciées).

Parmi les moments de vie aux Vignes, je garde un souvenir très particulier du concours de crèches avant Noël. Les cours étaient suspendus, chaque classe s’investissait pendant une après-midi entière : bonbons, papier mâché, origami… Le collège entier se transformait, c’était une vraie fièvre de Noël dans les couloirs. Un moment assez magique.

Avec le recul, qu’est-ce que le collège vous a le plus apporté ?

Sur le plan du travail, les Vignes m’ont appris la rigueur et l’organisation. La charge était exigeante, mais ça m’a tellement bien préparée que je n’ai ressenti aucune rupture en arrivant en seconde. Aujourd’hui encore, je gère sans trop de mal les périodes de travail intense.

Humainement, j’ai compris qu’on pouvait étudier avec plaisir et curiosité. Et j’y ai rencontré des amies que j’espère garder toute ma vie, des filles que je connais depuis treize ans et avec qui on est toujours là les unes pour les autres.

Comment s’est passée la transition vers le lycée ?

Ça a été plus rude. Stanislas était plus compétitif, moins bienveillant, et le niveau en maths m’a demandé un vrai effort de rattrapage. Mais cette transition a aussi confirmé mon goût pour les humanités, et c’est assez naturellement qu’en fin de seconde je me suis orientée vers la filière littéraire.

Pourquoi vous être dirigée vers l’hôtellerie, et qu’en avez-vous retiré ?

À la base, je voulais devenir cheffe cuisinière. Mais en terminale j’ai réalisé que ce milieu est très fermé, surtout pour les femmes, et que j’aimais trop le contact humain pour rester en cuisine. Je me suis donc tournée vers le management hôtelier, à Savignac, un village de 900 habitants au fond du Périgord. On vivait tous en colocation dans le village, c’était une vraie vie communautaire. Cette formation m’a appris à oser et à prendre confiance : entre les cours en anglais, les présentations devant des professionnels et les stages, on était souvent poussées dans nos retranchements.

À quel moment avez-vous découvert le monde du vin et décidé de vous y engager davantage ?

J’ai toujours baigné dedans grâce à notre maison de famille en Bourgogne. Mais c’est pendant mon alternance que tout s’est vraiment cristallisé : sans sommelier dans l’établissement, j’ai pris en main la cave et la carte des vins, et ce fut un vrai coup de foudre. À la fin de cette expérience, je savais que je voulais me spécialiser dans ce secteur.

Qu’est-ce qui vous a conduite à choisir un double diplôme mêlant vin et commerce, et pourquoi Kedge ?

Ce master offre une vision globale : œnologie, commercialisation, production, marketing, tout y est. Je ne voulais pas m’enfermer dans une seule facette du métier. Et c’est l’un des deux meilleurs programmes de France dans ce domaine, ce qui était aussi un critère important pour la suite.

Pouvez-vous nous parler de vos stages et de ce qu’ils vous ont apporté ?

J’ai commencé par un stage polyvalent dans un hôtel 4 étoiles : cuisine, salle, réception, « housekeeping », car je voulais comprendre les bases avant de manager. Mes employeurs m’ont ensuite proposé une alternance d’un an et demi comme adjointe de direction, très transversale : gestion financière, marketing, tarification, séminaires, carte des vins et même création d’une marque de spa.

Après mon passage au Vietnam comme professeure de français, j’ai rejoint pour ma première année de master une start-up, Les Grappes, un caviste en ligne, comme chargée de marketing et de partenariats vignerons. Une expérience qui m’a appris l’autonomie et la prise d’initiative, dans un environnement entrepreneurial où j’accompagnais directement des vignerons dans leur stratégie marketing.

Y a-t-il une expérience de stage ou une anecdote qui vous a particulièrement marquée ?

L’expérience qui m’a le plus marquée est mon alternance au Manoir de Surville, car je faisais un métier qui me passionnait, alliant opérationnel et contact client, mais aussi des missions plus stratégiques pour développer le manoir.

En quoi ces expériences ont-elles confirmé ou fait évoluer votre projet professionnel ?

Chacune de mes expériences est arrivée au bon moment et m’a permis de consolider mon projet professionnel et la suite de mes études. Mon expérience au Manoir m’a permis de découvrir mon appétence pour le monde du vin et des spiritueux, et mon stage aux Grappes l’a confirmée, tout en me confirmant aussi que le contact client et un métier non routinier étaient importants pour moi.

À quoi ressemble votre quotidien d’étudiante aujourd’hui et comment trouvez-vous votre équilibre ? En quoi votre passage aux Vignes continue-t-il de vous aider dans votre parcours actuel ? Quels sont vos projets pour la suite et quel message aimeriez-vous transmettre aux élèves d’aujourd’hui ?

Cette année, mon quotidien d’étudiante est assez léger en cours, ce qui m’a permis de préparer en parallèle un diplôme d’œnologue international, mais aussi de m’investir dans le scoutisme et dans des projets personnels. Je trouve ainsi un bon équilibre entre travail et vie personnelle, ce à quoi j’aspire plus tard. Je suis maintenant à la recherche d’un stage de fin d’études avant de me lancer dans la vie active.

Rétrospectivement, chaque étape de mes études, que ce soit les Vignes au collège, Stanislas au lycée, l’hôtellerie-restauration puis le monde du vin, m’a permis de me construire, de prendre confiance en moi et de comprendre la femme que je suis. C’est tout bête, mais parce que dès le début aux Vignes je me suis entraînée à avoir confiance en moi, je me retrouve à 24 ans prête à entrer dans la vie active avec une certaine sérénité. J’ai plein de projets pour la suite, dont le plus important est de créer un jour mon propre restaurant !

Le message que je voudrais transmettre aux jeunes Vignettes serait qu’il ne faut pas être trop dures avec elles-mêmes. À chaque étape de leurs études, se donner à fond en donnant le meilleur sans s’oublier, pour comprendre où elles veulent aller et être ainsi vraiment épanouies, dans leurs études comme dans le monde professionnel.