Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle Hermine, j’ai 22 ans et je suis actuellement étudiante en école d’ingénieur à HEI, en génie du bâtiment, aménagement et architecture. Il s’agit plus largement du secteur du BTP, avec une spécialisation tournée vers la restauration du patrimoine. Mon cursus comprend également des enseignements en art, architecture et dessin.
Où en êtes-vous aujourd’hui dans votre parcours ?
Je suis actuellement en Erasmus en Pologne pour une durée de six mois et je rentrerai en France fin janvier. À mon retour, je suivrai une formation militaire d’une semaine appelée Smartchange, qui vise à former les futurs cadres dans un cadre à la fois sportif et éducatif. J’enchaînerai ensuite avec mon stage de fin d’études à Nantes, pour une durée de six mois.
Quel a été votre parcours scolaire avant l’enseignement supérieur ?
J’ai effectué mon collège aux Vignes, puis je suis partie au lycée à Pontoise. Le contraste a été très fort : aux Vignes, nous évoluions dans un environnement très protégé et bienveillant, sans jugement, où chacune avait sa place et pouvait s’exprimer librement. En arrivant en seconde, cette liberté d’expression a parfois dérangé, ce qui m’a conduite à redoubler afin de changer d’établissement.
Je suis alors partie dans un lycée au Havre, un peu excentré de la vie parisienne, où j’ai vécu trois années merveilleuses. J’y étais en section euro-internationale, ce qui m’a permis d’avoir deux heures d’espagnol supplémentaires par semaine. J’ai pu m’y épanouir pleinement, nouer de belles amitiés et voyager.
Comment s’est fait le passage vers les études scientifiques ?
Après le lycée, j’ai intégré une classe préparatoire scientifique à Paris, au lycée Honoré de Balzac, en physique, chimie et sciences de l’ingénieur, pendant deux ans. J’ai ensuite passé les concours à Villepinte et j’ai été admise à HEI en génie du bâtiment. En entrant à HEI, il me restait une année de tronc commun, avec des enseignements très variés, avant de me spécialiser.
Avez-vous déjà eu des expériences professionnelles marquantes ?
Oui, l’année dernière, j’ai effectué un stage de trois mois et demi dans une agence d’architecture, en tant que conductrice de travaux, sur le chantier du Four Seasons Hotel George V à Paris. Il s’agissait de la restauration des chambres de l’hôtel. Je gérais le suivi des travaux, le planning, l’avancement du chantier et je participais aux réunions. Cette expérience m’a énormément plu.
Pourquoi avoir choisi HEI ?
Ce qui m’a attirée à HEI, c’est la possibilité d’avoir une année généraliste avant de se spécialiser. J’ai toujours aimé les mathématiques et l’histoire, et c’est progressivement, au cours de ma troisième année d’ingénierie, que j’ai compris que je voulais mêler ces deux passions. C’est ainsi que je me suis orientée vers le domaine du bâtiment.
Mon goût pour l’art m’est venu dès le collège, aux Vignes, grâce aux professeurs d’histoire, de français et d’arts. Ils nous ont appris à porter un regard plus approfondi sur le monde, à être attentives à ce qui nous entoure, notamment lors des visites de musées. Au lycée, j’étais plutôt à l’aise en mathématiques, alors qu’au collège cela n’était pas forcément le cas. J’ai découvert tout cela progressivement.
Qu’est-ce qui vous attire dans le secteur du bâtiment ?
Ce qui me passionne, c’est le fait de partir de presque rien et de construire un projet qui aboutit à quelque chose de beau. C’est ce qui m’a naturellement orientée vers la restauration du patrimoine. En France, nous avons des bâtiments remarquables ; les restaurer permet d’imaginer ce qu’ils étaient autrefois et surtout de les préserver pour les transmettre aux générations futures.
J’ai également choisi ce domaine pour l’aspect technique et le management. J’aime beaucoup le croisement entre le concret et l’abstrait.
Avez-vous connu des moments de doute ?
Oui, j’ai traversé des moments de doute, mais aujourd’hui je ne regrette absolument pas mon choix. Les professeurs à HEI sont passionnés et nous parlent beaucoup d’architecture européenne et française. Nous avons cette chance, et je pense qu’il est important de la faire perdurer.
Quel rôle le collège des Vignes a-t-il joué dans votre parcours personnel ?
J’ai toujours eu la chance d’être soutenue dans mes choix. Je suis très reconnaissante envers mes parents de m’avoir inscrite au collège des Vignes, car j’en suis ressortie avec une plus grande sensibilité. Tous les collèges ne transmettent pas cette attention à la beauté et au regard porté sur le monde. Aux Vignes, nous avons le temps de nous construire nous-mêmes, sans subir le regard extérieur. Ce sont des années clés qui déterminent la personne que l’on souhaite devenir.
Aux Vignes, j’ai appris à sourire, et j’ai toujours conservé cela par la suite. Cela m’a beaucoup aidée dans des situations moins évidentes. J’aime aussi que l’on retienne de moi cette capacité à aider les autres.
Je retiens également le côté spirituel : la messe et la possibilité de se confesser chaque semaine, les temps de méditation, qui nous apprennent une certaine rigueur de vie. Lorsque j’ai quitté les Vignes pour le lycée, je n’ai pas toujours eu l’occasion d’aller à la messe chaque dimanche, et cela m’a manqué. En revenant à Paris, j’ai repris cette discipline. Cet accompagnement spirituel est très important pour se construire. On apprend à ne pas garder les choses pour soi, mais à les partager, car ce qui nous rend heureux est fait pour être partagé.
Avez-vous été marquée par certaines rencontres au collège ?
J’ai rencontré de nombreuses amies et des professeurs très bienveillants. J’avais notamment une tutrice qui m’a beaucoup aidée, ainsi qu’une professeure de musique qui m’a soutenue dans les moments difficiles. Je n’étais pas la meilleure élève et je faisais parfois des bêtises, mais j’aimais particulièrement les cours de musique, et elle savait toujours me redonner confiance lorsque j’allais moins bien.
Sur le plan de l’organisation, la formation reçue au collège m’a aidée à trouver un rythme, même si je ne m’en suis rendu compte que plus tard. Cela m’a apporté une rigueur que j’ai identifiée ensuite comme venant des Vignes. On y valorisait beaucoup les talents, même si le rythme pouvait être dense, d’autant plus que j’habitais loin.
Quel message souhaiteriez-vous transmettre à une jeune fille attirée par le bâtiment ?
Je lui conseillerais de réfléchir à ce qu’elle aime réellement, de faire la liste de tout ce qui l’attire, et de se demander si elle préfère la restauration du patrimoine ou la construction plus brute, si elle s’intéresse davantage aux ouvrages d’art ou à l’ingénierie du bâtiment. Le monde du bâtiment est un univers de chantier, de poussière, parfois rude et très masculin. Cependant, les femmes commencent à s’y démarquer de plus en plus, et j’en ai rencontré beaucoup.
Et à des parents hésitant à inscrire leur fille dans un collège hors contrat ?
Le collège est une période où tout se joue dans la construction de leur fille. Les Vignes peuvent leur apporter cela. Le terme « hors contrat » ne doit pas être le seul critère de réflexion. Il faut prendre en compte le fait qu’il s’agit d’un collège catholique et non mixte, ce qui permet aux jeunes filles de se concentrer davantage sur leurs amitiés et sur elles-mêmes, sans la pression du regard extérieur.
Aux Vignes, les fondations sont posées ; ensuite, il faut construire tout le reste du bâtiment. L’engagement est une valeur que j’ai reçue au collège, tout comme à travers le scoutisme. D’ailleurs, le scoutisme et le collège des Vignes forment un très bon équilibre.
Un dernier mot sur la suite de votre parcours ?
À la fin de mon Erasmus, je partirai à Nantes pour mon stage de fin d’études. Si cela me plaît, pourquoi ne pas y rester ? Nous verrons bien.